Recrutement d’un consultant international pour réaliser l’audit organisationnel et technique des entreprises de construction des latrines institutionnelles

United Nations Children's Fund (UNICEF)

Cameroon 🇨🇲

Contexte

Au Cameroun, l’accès aux sources d’eau améliorées est passé de 69% à 72,9% au niveau national et de 50% à 54,2% dans les zones rurales entre 2011 et 2014, (MICS, 2014). Malgré ces améliorations, l’accès à de l’eau potable demeure critique dans certaines régions, principalement dans les régions du Nord (56,5%), de l’Extrême Nord (63,7%), du Sud-Ouest (66,6%) et de l’Est (67,9%).

L’accès à une installation d’assainissement améliorée est passé de 33% à 40% entre 2006 et 2011 et a atteint 52% en 2014 pour l’ensemble du pays. Une évolution en « dents de scie » est observée dans les zones rurales où cet accès est passé de 15% à 26% entre 2006 et 2011 et a chuté à 23,4% en 2014. D’importantes disparités géographiques et socioéconomiques existent à travers les régions. La situation est critique dans la région de l’Extrême-Nord où seulement 14,3% de la population a accès à des installations d’assainissement améliorées. Les régions du Nord, du Nord-Ouest et de l’Est ont également des indicateurs critiques : 32,8%, 40% et 45,4% de la population, respectivement.

La pratique de la défécation à l’air libre est en stagnation : 7% de la population depuis 2006, avec des disparités considérables entre zones rurales (13%) et urbaines (1%) en stagnation malgré la forte tendance urbanisation / migration dans le pays. La situation dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord est particulièrement préoccupante dans la mesure où environ 3/4 de la population pratique la défécation en plein air. 

L’accès aux services WASH dans les écoles et établissements de santé est limité. Selon le Ministère de l’éducation de base (2014), 39% des écoles sont équipées d’installations d’eau potable (puits traditionnels à haut risque de contamination) et 46% de latrines. Dans les Zones d’Education Prioritaires (Est, Adamaoua, Nord et Extrême-Nord), 18% des écoles ont accès à des sources d’eau potable, tandis que le nombre d’enfants par latrine améliorée est de 259 (MINEDUB, 2015).

De même, les mauvaises pratiques d’hygiène ont des impacts sur l’état nutritionnel elles affectent la santé et comptent parmi les causes de la mortalité des moins de cinq ans. Environ 20% des enfants sont touchés par la diarrhée (23,2% en zone rurale contre 15% en zone urbaine). De mai 2009 à aout 2016, le pays a enregistré 37.551 cas de choléra dont 1695 décès (45%, 16%, 15% et 10% des cas ont été enregistrés respectivement dans les régions de l’Extrême-Nord, du Littoral, du Nord et du Centre).

Les interventions du Programme de Coopération Gouvernement du Cameroun – UNICEF pour la période 2018-2020 visent l’amélioration de l’accès aux services WASH des populations des régions de l’Extrême Nord, du Nord, de l’Est et de l’Adamaoua à travers la mise en œuvre de l’Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC) et la construction des latrines institutionnelles. 

Malgré d’importants investissements du Gouvernement et de ses partenaires, l’accès aux services d’assainissement reste insuffisant. Le nombre de latrines institutionnelles non fonctionnelles sur l’étendue du territoire Camerounais du fait de la mauvaise exécution des travaux de construction est relativement élevé. En outre d’importants retards sont enregistrés dans l’exécution des travaux de construction des infrastructures. Ceci est en partie dû aux faibles capacités organisationnelles et techniques des entreprises de construction.

L’amélioration de la situation nationale de l’accès aux services d’assainissement passe nécessairement par la durabilité des ouvrages qui est fortement tributaire de la qualité d’exécution. L’une des solutions à la mauvaise qualité des infrastructures passe par le recours aux entreprises ayant des capacités techniques, logistiques et managériales minimales requises. Il est donc indispensable de mener un recensement et une analyse approfondie des capacitésorganisationnelles, techniques et logistiques existantes ainsi que les gaps auprès des entreprises capacités exerçant dans la réalisation des travaux de construction/réhabilitation des latrines institutionnelles. Cette analyse s’étendra à la proposition des actions essentielles à mener afin de pérenniser et/ou booster leurs capacités.

Objectif

Le principal objectif de la mission est d’élaborer une classification nationale des entreprises de construction des latrines institutionnelles suivant leurs capacités organisationnelles, techniques et logistiques et de proposer un plan de renforcement approprié. 

Activités, Livrables et Periodes

Les principales activités à mettre en œuvre par le Consultant sont :

Elaborer une grille d’analyse des capacités des techniques et managériales des entreprises ;

  • Recenser les entreprises de droit camerounais exerçant dans la construction/réhabilitation des latrines institutionnelles;
  • Analyser les dossiers administratifs des, ceci en conformité avec la législation camerounaise ;
  • Identifier les entreprises ayant réalisé aux moins trois prestations de moyenne envergure durant les deux dernières années ;
  • Effectuer des visites d’inspection technique dans les entreprises sélectionnées afin d’évaluer leurs capacités organisationnelles et techniques ainsi que la disponibilité du matériel indispensable à la construction des latrines institutionnelles ; 
  • Elaborer un répertoire des entreprises disposant de capacités organisationnelles, techniques et logistiques pour la construction des latrines institutionnelles minimales acceptables ;
  • Proposer un plan d’action thématisé des actions requises pour la résorption des gaps identifiés auprès des entreprises recommandées. 

Résultats clés attendus, Durée, Livrables et montants de paiement

La mission est prévue pour une durée de deux  mois avec les livrables ci dessous

Qualifications, Experience et Competences Supplementaires

Le consultant devra être titulaire d’un diplôme d’ingénieur BAC+5 dans l’un des domaines suivants : génie rural, génie civil ou tout autre domaine reconnu équivalent avec spécialisation la conception, l’exécution et la gestion des projets d’assainissement. 

Il devra également justifier de l’expérience et des compétences professionnelles ci-dessous :

Au moins 10 années d’expérience professionnelle dans le suivi-contrôle des travaux de construction des latrines institutionnelles ;

  • Avoir une expérience avérée en matière d’élaboration et de gestion des projets de construction des latrines institutionnelles ;
  • Avoir une bonne connaissance des outils et méthodes d’audit organisationnel et technique des entreprises;
  • Avoir une bonne maitrise de l’outil informatique (MS office, Word, Excel, Powerpoint, Internet, etc.) ;

Avoir une très bonne maitrise de la langue française.

Conditions de Travail

Le consultant travaillera sous la supervision du Chef de la Section Eau Hygiène et Assainissement au bureau de l’UNICEF en partenariat avec la Sous-Direction de l’Assainissement liquide, les Délégations Régionales de l’Eau et de l’Energie et les Collectivités territoriales décentralisées. Les livrables seront validés conjointement par l’UNICEF et le MINEE. En cas de nécessité, des réajustements / réorientations techniques sur le reste de la mission pourront être apportées. 

Le consultant devra disposer de son propre espace de travail et matériel (bureau, ordinateur, imprimante, téléphone, internet, etc.).

Supervision

Le consultant travaillera sous la supervision du Chef de programme Eau Hygiène et Assainissement de l’UNICEF et en partenariat avec Le Ministère de l’Eau et de l’Energie.


POSITION TYPE

ORGANIZATION TYPE

EXPERIENCE-LEVEL

DEGREE REQUIRED

LANGUAGE REQUIRED